"Voyez la missive reçue ce jour"lui dit son ami Paul, lettre au poing et sauvignon aux lèvres, "envoyée par le collectif " concierges against R.Plant " dont le siège social se trouve dans l'escalier.Ecoutez plutôt: Monsieur, nous sommes légérement courroucées d'apprendre par votre intermédiaire qu'un de vos amis excédé par la présence au sein du groupe de jeunes Led Zeppelin d'un certain Robert Plant dont la voix, si nous en croyons ses dires, se rapprocherait, nous citons," de celle d' une concierge qui s'époumone en bas de l'escalier pour rappeler au locataire du 5éme que le local poubelles n'est pas un abri à vélo"se permette une telle comparaison. Nous aimerions rappeler à votre ami et à vous-même que notre collectif milite depuis longtemps pour l'éradication de Robert Plant ainsi qu'à la réduction au format trio dudit groupe de jeunes. Notre collectif ne se contente pas de cette action mais entend mettre en garde contre tous les croque-notes qui ont sévi, sévissent ou séviront malgré la sévérité de notre tri sélectif. Que votre ami se garde à l'avenir de tels propos car nous pourrions lui imposer à titre de représailles l'écoute de surgeons de ce Plant dont il aurait peine à se remettre. Nous comptons sur votre compréhension et vous prions d'agréer etc....PS: nous joignons à ce courrier un enregistrement réalisé par la chorale de notre collectif dont la structure modale et grégorienne infirme les propos tenus par votre ami." Son ami Paul froissa la lettre et siffla négligemment l'introït de When i'm 64 car il s'en approchait.
lundi 29 décembre 2008
vendredi 26 décembre 2008
"Voyez-vous" lui disait son ami Paul" Michaux avait raison, quand sa souris de mie de pain s'en allait vivre sa vie avec ses trois pattes, il n'essayait pas de la rattraper pour lui ajouter la quatrième, à quoi bon puisque ça fonctionnait ainsi..." Paroles de bon sens que celles-ci, c'est alors que le garçon pris d'une envie de glissement esquissa un pas de patineur version ailes d'un ange qui eut pour effet de tsunamier le contenu de son plateau, muscadet n' bretzels, sous l'oeil réprobateur de son ami Paul. Désir du froid vif des contrées québécoises probablement dû à la déprime post-canarienne dont souffrait notre aimable serveur qui, après avoir dunké le contenu buvardé de son plateau dans la poubelle récemment acquise auprès de l'association "un croque-notes bâillonné, une forêt sauvée" osa un " tabernacle, la même en couleur pour monsieur Paul!" assenant sur le comptoir un magistral coup de crosse."OK" finit-il.
samedi 20 décembre 2008
" Imagine"lui dit son ami Paul "que le 8 décembre 1980 la balle tirée par ce funeste Marc David Chapman au lieu de rencontrer le crâne de John le rebelle se dirige vers la croque-notes toujours accrochée au bras de son pourvoyeur et que, rapport à la taille de la dite Yoko elle se fiche dans le béton de la façade du Dakota Building y laissant pour l'éternité les stigmates de la haine sans fondement d'un admirateur de JD Salinger qui n'aurait jamais toléré un tel gachis et que la dite croque-notes, trouvant là matière à sa démesure, fit appliquer sur la façade du Dakota Building une plaque commémorant ce tir raté en lieu et place de celle rappelant qu'ici mourut sous les balles d'un stupide ex-marine grassouillet le célèbre John Lennon."Se donnant la force d'en finir d'une rasade d'un excellent sauvignon, son ami Paul ajouta:"On n'en serait pas là.."
jeudi 18 décembre 2008
Les rêves de son ami Paul avaient la luxuriance des forêts amazoniennes, l'opacité des nuits boréales. Le réputé docteur Pimply ne savait pas par quel bout prendre cette corde onirique. Malgré tous ses efforts le mystère restait entier, il était avec son Lacan comme une araignée avec un jeu d'osselets.
mercredi 17 décembre 2008
"Regrettable que Keith et Mick trop cupides n'aient jamais eu la noblesse de John et Paul, qui jamais n'ont accepté la moindre goutte d'eau dans leur vin, ont sabordé le raffiot et sont partis sans se retourner alors que les piètres Stones ..." Ainsi parlait son ami Paul qui, le vin aidant s'échauffait menu en songeant au sort que réservèrent les cupides au malheureux Brian."Quand on sait que ce rapace de Jagger déclara un jour que le vertueux Brian, je cite, "n'a jamais eu de talent pour écrire des chansons, je dirais même qu'il n'avait aucun talent.""Ce qu'ils auraient mérité ces pleutres c'est qu'une Yoko Ono se prenne dans leurs pattes!" dit son ami Paul en montrant son verre vide au garçon tandis qu'il fredonnait "please allow me to introduce myself " en esquissant un très discret mais néanmoins jaggerien déhanché.
lundi 15 décembre 2008
"Votre Bacon en plus d'être alcoolique il serait pas un peu homosexuel, ça ne me dérange pas, voyez-vous mais pour un peintre je trouve que c'est un peu fort et ...." disait l'amie de son ami Paul qui captivé par son Malone n'avait pas vraiment prêté attention aux propos pourtant éclairants de celle-ci. "De plus il était irlandais ce qui pourrait expliquer cette dangereuse collusion, qu'en pensez-vous?" Lachant à regret Malone, son ami Paul déclara, légèrement courroucé, que " Il ne voyait pas le rapport, mais que lui-même abhorrait la bière rousse et la musique celtique pour les raisons suivantes: l'excès de l'une (la rousse) avait pour effet de provoquer une migraine que les affreux crins-crins gaéliques et les refrains maritimes de l'autre exacerbaient jusqu'au supplice ." Puis son ami Paul continua: "Chère amie, où en sont les jolies cartes de voeux que vous confectionnez avec talent et quelques boutons translucides ?"
samedi 13 décembre 2008
Son ami Paul s'intéressait aux propos tenus par deux penseurs de profond assis à la table d'à côté dont le discours subtilissime concernait l'hypothétique bagage qu'il serait bon d'emporter dans le cas supposé où l'un ou l'autre des presque philosophes échouerait sans espoir de retour sur l'île déserte si souvent désirée mais jamais atteinte. Comme l'un citait livres et musiques avec un aplomb considérable tandis que l'autre hésitait entre les oeuvres complètes d'un écrivain consensuel que les familles s'arrachent et celles plus confidentielles d'un poète maudit qu'il est de bon ton d'arborer en citant quelques uns de ses vers maigrelets aux rimes inattendues, son ami Paul puisant quelque force dans son sauvignon dit: "la seule chose à ne pas emporter sur cette île c'est bien soi-même..." et satisfait il commanda sans barguigner une autre assiette de bretzels.
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