jeudi 31 décembre 2009

"Wilco, c'est du kinks anémié, du ray davies qui se dévisse..." provenait d'une table voisine de son ami Paul qui souleva le sourcil et son verre, achevant celui-ci tandis qu'il rabaissait celui-là."Trop d'éclat, de lumière, une musique surexposée, blanchâtre... désincarnée, du veau béchamel..." continuait le pseudo critique ce qui eut don d'à nouveau soulever sourcil et sauvigon de son ami Paul qui ne pouvait qu'abonder dans le sens du rock et folkeux critique dont il aurait aimé connaître l'avis au sujet de la musique du vic désormais en allé lui qui, de sombres sous bois en caves sans ampoules y allait d'une musique délicate et sans apprêt, une musique d'encoignure. " Chesnutt, ça c'est du propre, rien à redire, simplement à écouter, les mains jointes, Chesnutt c'est le rétable d'Issenheim, Guernica, la chute d'Icare..." entendit-il venu de la table d'à côté, qu'il modéra tout de même préférant comparer la musique du dit vic au vol sans frein des oies sauvages.  

samedi 5 décembre 2009

"Ah, ce ouaille-hat, quel tromponaute, quel tricoteur de petites mailles, se contentant de deux mots pour en faire encore moindre, magicien de peu sortant lièvres de son basse forme ..." disait un voisin de son ami Paul, lequel inter-collé se laissait dériver à l'écoute du susdit vis à vis qui surenchérissait oeil dans l'oeil de sa surchérie " connais-tu, toi ma supercherie, l'autre des deux, l'ailleursse, blondinet fragile aux envies d' îles chauffées à blanc, de médite et ranées, de longues tirades aux caraïbes, confesseur à part entière du docteur dream, qu'allen vira à la perdre histoire de redorer le blason (qu'y put-il?) et ..." La suite se perdit dans un regard langue-oureux et en sous-entendus que son ami Paul crut entendre tant le sous prenait le dessus, et vice-versa qu'il fit du sauvignon que le garçon lui servit assouvissant du Paul le vice.
  

mardi 1 décembre 2009

"Calaferte est à la littérature ce que Waits est à la musique" pensait son ami Paul regardant la photographie dudit Calaferte trônant dans son fatras comme le ferait une chanson dudit Waits s'immisçant dans l'oreille de qui ne s'y attend pas. "C'est de cette friche que naissent les meilleurs surgeons, les branches porteuses d'espoirs, les mélodies d' entresol, cantilènes en fusion qui se coulent en nous comme lymphe brûlante..." continuait son ami Paul " péroreurs, certes mais nécessaires, ultimes drisses permettant de hisser la grand voile, et de..." Hochant le chef, son ami Paul mesurait l'intense vanité de son propos y alla d'un " Et ce sauvignon, il appareille ou il mouille?" que le garçon happa et, fissa, remédia au manque Paulien. Claquant la langue, son ami Paul songeait aux bateaux-feu de Dilasser, puis de fil en aiguille creuse au phare de Jean-Pierre Abraham pour terminer par une mélopée celtique du rejeton TooThemique. "Gloria..." y alla-t-il.   

lundi 23 novembre 2009

"Un mille-pattes..." disait son ami Paul, "c'est avec un mille-pattes que Bill Evans apprit le piano, les accords complexes et tout le saint frusquin, parce que Bill, c'est du sacré, du sacerdotal, de la musique qui s'élève et, volute, s'en va trouver qui vous savez là-haut, l'embusqué qui, narquois, attend le prince qui ne vient pas..." Le garçon, tout ensauvignonné, s'approcha et, interrogatif leva le sourcil, signe qui ne trompe habituellement pas son ami Paul, mais celui-ci, un peu las de toute théorie s'ensauvagea dans des pensées vagabondes et lâcha subitement prise et Bill Evans mais d'un réflexe fondamental happa le verre et le lappa métonymiquement... " Vous savez " termina son ami Paul "on ne sort pas indemne des décombres de Kind of Blue..."   

mercredi 18 novembre 2009

"Le prix Goncourt" disait son ami Paul "cela ressemble à une corrida, les lecteurs au vert pendant une année dans l'attente du grand jour, puis passant d'ombre à lumière, humiliés par de tristes picadors, éreintés par les véroniques de preux matadors, mis enfin à mort, viande sanguinolente sur le sable de l'arène..." continuait-il alors que l'ami de son ami Paul semblait légèrement troublé par la démonstration de celui-ci qui ajouta" l'éditeur c'est le matador, l'épée la plume de l'écrivain et dora la puntilla! le taureau n'a plus qu'à lire ce qu'on lui jette comme un coussin d'aficionado" ce qui n'eut pas le don d'éclairer la lanterne de l'ami de son ami Paul qui, après avoir demandé un verre de Rioja précisa sa pensée " de la littérature pour bétail servile, des livres de foin..." Après un long silence un peu andalou son ami Paul se leva, droit comme une poésie verticale et lança à son ami "devriez lire Juarroz..."

lundi 16 novembre 2009

"C'est parce que je suis bègue que je suis acteur, j'aurais été manchot je serais devenu peintre" lisait son ami Paul dans un livre commis sans crier gare par un Valère que les planches brûlaient, un Valère sans vergogne dont les obscures origines hongroises confortaient dans son hermétisme que de rares exégètes gouttaient comme vin de messe ou vin de l'étrier, vin des sages ou vin de littré que les buveurs tiennent comme la route, sans coup férir." Garçon.."héla son ami Paul " Tokay et vite, je suis homme de vin que diable, je suis ainsi fait que le gosier me commande..." Puis se levant et prenant posture d'homme de paroles au point que du café les habitués s'interloquèrent " Fissa, petit, que le breuvage m'agrée et que je m'en irradie veines et veinules, qu'aucun des tréfonds de ma carcasse n'en fut exempté au motif que le monde crie grâce comme vous criez grâce, belettes d'estaminet." Après un silence lourd comme un roman à la mode qu'on noierait bien en y accrochant l'écrivain à la mode l'ayant commis, son ami Paul reprit sa place et son silence vite troublé par le garçon " désolé, monsieur Paul, pas de Tokay, je n'ai pas été livré..." Un sauvignon ayant fait l'affaire, son ami Paul lâcha Valère pour Perros y trouvant Philipe qui s'y entendait en brûlure de planches.      

 

vendredi 6 novembre 2009

"C'est avec my song et sa pochette roots ainsi que grisâtre que Keith Jarret est vraiment entré dans la cour des grands..." disait son ami Paul tandis que le garçon, passant par là pour se délester de sauvignon et bretzels y alla d'un "caisse charrette?" Son ami Paul continua nonobstant cette remarque " on y entendait souffler un petit gars qui cassait la baraque" Le garçon repassant par là exprima le fond de sa pensée" au bas mot c'est son cinquième verre, monsieur Paul se laisse dériver..." Poursuivant sa démonstration son ami Paul enchaîna " Et Jarret lâchant ses notes comme une averse de pluie, des pétales de fleurs de cerisiers, ce n'est pas avec un chat qu'il apprit le piano, c'est avec Fred Astaire..." " gobaille!" asséna le garçon présentement jaggerien tendance dubuffet. Légérement dérouté son ami Paul abandonna Jarret et Garbarek et reprit Arno Schmidt là où il l'avait laissé.