jeudi 17 mai 2012



Le danseur et la frénésie du contact. les paumes collées, les yeux vagués, la tête derviche. Tournent les aveuglés, les contactés. Il y trouve matière à rapprochement, froissement d'étoffe.
Tout revivre à l'identique, les effrois, les joies, les découvertes. Ne plus rien attendre puisque tout est su, tout est déjà vu, vécu. Insister sur les erreurs comme le ferait le dard d'une mauvaise guêpe.
s'éloigner soudain de ce qui fut, dans le but inavoué de connaître enfin ce qui n'et pas. Compter sur l'effet de surprise que la crainte de l'inconnu écorne. avancer à tâtons, glisser sur le parquet sans bruit, sans but.

mercredi 28 septembre 2011

Sur le trottoir de la rue des Douradores, tapant du talon comme pour imprimer le point final de sa rêverie, Soares s'interroge, un lourd registre sous le bras. Un autre que lui gambaderait, sauterait d'un élan de locuste, chantonnerait le refrain de proof ou autre perle de IAK. Non, Soares ne mange pas de ce pain, Soares attend le mot qui le fera revivre, la phrase qui sauve, il sait que quoiqu'il arrive la sauterelle retombe sur le trottoir.

dimanche 25 septembre 2011

Ses pages sont vigoureuses, s'inspirent d'une réalité que sa négligence transforme en un vaste terrain vague. La boue aux bottes plutôt que la plume à la main. Ainsi s'écrivent les romans, ainsi vont les écrivains qui ignorent les paillassons.

lundi 29 août 2011

Son salut, prétendait-il, était le profond sommeil où il se réfugiait s'abstenant ainsi de toute conversation. Encore lui fallait-il prendre garde à ne pas laisser galoper les chevaux du rêve. Il en faisait son affaire dressant hautes les palissades derrière lesquelles il s'abritait silencieux et têtu.

samedi 27 août 2011

Un homme, petit, au bas d'une montagne, des tissus rouges et jaunes, une musique atonale, insistante qui se joue du vent, des regards curieux, les sourires des villageois, une marche difficile sur un parterre de roches disjointes, un sommet enfin atteint, une vallée profonde où l'oeil se perd, des nuages, des odeurs de plantes magiques, une dernière nuit ici avant de retrouver la ville, les amis encombrants. La poésie de Michaux.

lundi 4 juillet 2011

"Quand on aime..." disait son ami Paul " on ne compte pas." Paradoxe immédiat dudit ami Paul qui s'évertuait à répertorier, recenser, inventorier quelques chiffres, compter sur sa mémoire pour en extraire formules et fonctions, beaux présents et belles inconnues. De l'algèbre de comptoir, du calcul intégral... " When i am 64, 40 fingers freshly packed and reasy to serve, Highway 61, 10 years after..." alignait-il, cherchant le dénominateur commun à tout ce commerce. La solution n'était-elle pas l'une des 32 pilules retrouvées dans l'estomac de Keith Moon?

samedi 25 juin 2011

"Plutôt suceur de roue que rouleur de mécanique, le nez au vent Cioran juste derrière l'helvète bondissant, chat rusé des bordures, Cingria à l'alerte coup de pédale emmène le peloton..." commentait son ami Paul..." Des forçats de la route, de l'exquis bitume, moulinant sans trêve, les aphorismes de l'un s'ajoutant aux neumes de l'autre, musique de vent dans le dos..." continuait-il..." Loin devant sur sa vieille moto, casque sur le chef, le néo-breton se la coule douce... Attend-il que le gros chat se mette en danseuse, qu'il serre les lacets, que le triste roumain crève enfin?..." s'interroge son ami Paul..." Non, il lâche le peloton, pas question qu'il mouille le maillot..."